Beauté naturelle - Malegria

16 juin 2010

après-shampooing assainissant

Les ami(e)s !!! Tout arrive !!! Me revoilà :)

Tout d'abord je vous présente mes excuses pour vous avoir tant abandonné(e)s. J'ai été assez bousculée, je suis partie en France, et chaque fois je faisais le voeu pieux de publier un article, pour finalement... le remettre à plus tard, un autre article, un autre jour. Je vous remercie pour les messages que vous m'avez laissés, ici ou en privé, en me demandant de m'y remettre et en m'assurant de votre plaisir à me lire.

Me revoici donc, avec le premier après-shampooing que j'ai jamais réalisé. En effet, je suis plus après-shampooing et masques en tous genres que shampooing simple. Je suis assez proche du no-pooh, vous connaissez ? Alors c'est un mouvement plutôt destinés aux personnes à cheveux secs ou très secs, qui abolit l'utilisation du shampooing classique au profit du seul conditionneur. Je ne suis pas ces préceptes à la lettre, je vous rassure, je me lave quand même les cheveux. Mais avec ma crinière de paille mes cheveux secs, je shampooine rarement et je rafraîchis plus fréquemment avec un simple après-shampooing.

J'ai fait un petit tour sur les blogs des copin(e)s, et sur certains sites professionnels. J'ai remarqué que beaucoup de sites pro donnaient des formulations peu grasses par rapport à ce que ce que j'ai trouvé sur nos blogs. Et j'ai décidé de me fier aux sites The Herbarie et Making Cosmetics pour ce baptème de l'après-shampooing. J'ai donc élaboré le squelette de ma formule à partir des leurs, puis j'ai brodé à ma façon. Ayant trouvé de malencontreuses petites blessures dans mon cuir chevelu (la brosse à cheveux?), je voulais quelque chose qui, en dehors de nourrir et hydrater les cheveux, ait aussi une fonction assainissante et cicatrisante.

Formule de l'après-shampooing assainissant:
Phase grasse 10%
4.5 BTMS
1.5 Huile de noix d'amazonie
0.5 Lanoline
0.5 Lécithine de soja
1    Huile de ricin
1    Huile de tamanu
1    Huile de jojoba
Extrait CO2 de romarin

Phase aqueuse 86.5%
0.5 Gomme de guar conditionnante
2    Glycérine végétale
84  Eau 

Phase des ajouts 3.5%
2 Panthénol
1 Huiles essentielles (0.3 lavande, 0.3 citron, 0.4 tea-tree)
0.5 conservateur K
Acide lactique pour un PH à 4.5

Pas d'actifs très techniques pour ce premier après-shampooing que je souhaite tester "au naturel" pour ensuite affiner la formule au gré des confections de produit. Mais la formule est quand même réflechie avec des ingrédients simples.

Pour nourrir: En huiles le ricin et le jojoba sont très connus pour leur excellente action sur les cheveux. La noix d'amazonie est moins connue mais néanmoins superbement efficace et en plus certaines sont produites au Pérou!. La lécithine de soja parce que je pratique le shampooing aux oeufs avec bonheur, et la lanoline, un produit souvent décrié mais que j'affectionne en petites quantités. Et enfin, j'ai troqué mon favori aox-cos contre de l'extrait CO2 de romarin car c'est une plante qui fortifie fort bien les cheveux.

Pour hydrater: La traditionnelle glycérine et le très indiqué Panthénol.

Pour cicatriser et assainir: L'huile de tamanu, les he de lavande, de tea-tree et de citron (qui a aussi l'avantage de contre balancer l'effet fonçant du romarin).

La texture est glu glu à souhait, épaisse comme il faut, et translucide. Ce n'est... pas comme une crème mais vraiment comme un après-shampooing :) Je ne l'ai pas encore utilisé alors je reviendrais en édit pour vous donner des nouvelles après qq semaines d'utilisation.

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07 février 2010

crème visage avec protection solaire

Vous le savez, je poursuis ma quête inépuisable vers la crème visage parfaite. Suffisamment hydratante ce qui est un véritable défi pour ma peau, suffisamment nourrissante mais pas trop car il fait très chaud et il faut une texture légère, suffisamment protectrice contre les rayons du soleil mais pas trop car quand même j'aime bien bronzer, etc etc

Peu à peu, j'ai trouvé des amis, des alliés de choix, des formules générales qui marchent mieux que d'autres, et je découvre aussi de nouveaux ingrédients magiques grâce aux inépuisables expérimentations des copines.

Alors là, la petite dernière que je teste depuis un mois et demi avec bonheur je dois dire, j'en suis très satisfaite. Je n'en suis pas non plus 100% satisfaite, ça, faut pas rêver, mais c'est aussi ce qui me met toujours en mouvement dans cette quête de graal cosmétique. Donc, pour une peau atopique et désyhdratée, en été, je peux vous recommander cette recette.

Phase A

1,5 % CG90
2 alcool cétylique
3% squalane
3% jojobacremesolairecg90
3% karité
3% sésame
5% sacha inchi
anti-ox

Phase B

43 eau

5 urée
0.2 gomme xhantane

Phase C

20% HA ciste
polyan T

Phase D

3 inca inchi

1 tamanu
0.5 HV aguage (buriti)

12 grosses gouttes complexe CO2 (argousier, rose musquée, calendula)
HE 12gttes géranium – 5gttes lavande fine - 5 gttes palmarosa

Phase E

4% tosolin

2% Skin tight
Conservateur

Acide lactique

La texture est très légère, fluide, presque laiteuse, d'un jaune ni trop pâle ni trop flash (mais c'est une affaire de goût). Elle s'étale bien sans laisser de traces blanches et pénètre en 5 mn malgré la chaleur et la moiteur ambiantes. J'en mets toujours au moins deux couches, parfois 3, mais je fais ça avec toutes les crèmes. Niveau protection solaire c'est nickel, en me promenant l'autre jour j'ai attrapé d'immenses coups de soleil sur les épaules (qui n'avaient reçu aucune protection solaire... ouille!) alors que le visage protégé par cette crème a tranquillement bronzé, ni trop ni trop peu. Je ne vous recommande toutefois pas forcément cette crème pour aller à la plage, mais pour bronzer en ville c'est tout à fait suffisant.

***********************

Mes alliés hydratation: l'urée à 5% , le CG90, le skin tight (aussi appellé pepha tight), et qq cires huileuses ou autres beurres (karité en l'occurrence) qui font barrière lors de l'évaporation de l'humidité.

Mes alliés solaires: tamanu, aguaje, tosolin, sésame, jojoba

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29 décembre 2009

lait brillance pour gambettes au soleil

Le soleil des Incas s'est fait désirer cette année mais ça y est, il est là et bien là (on espère). Un seul plan d'action possible pour une Malegria qui n'attendait que cela... Un plan d'attaque pour se faire bronzer les gambettes: jupes et robes sont prêtes, nombreuses, dans le placard, et rêvent d'être de sortie (oui chez moi les vêtements ont des envies propres!). Mais les jambes restent blanches, veinées de rose, avec un aspect peau de croco certes original mais hmm pas super coquet.

Le but donc: un produit protecteur et nourrissant mais qui pénètre vite (parce qu'on a beau être coquette, on n'aime pas y passer des heures non plus), un produit qui va "sublimer" les jambes grâce à un léger effet pailleté, et qui aidera à obtenir un bronzage sain.

La recette en pourcentages:

Phase huileuseIMGP1801
4.5 olivem
0.75 HV de coco fractionné
0.25 cire d'abeille
aox-cos

Phase aqueuse
10 hydrolat d'ylang Biomada (merci Michèle!)
72 eau minérale
2 pincées de gomme xhantane

Phase C
1 squalane d'olive
6.7 macérat hydroglycériné de jasmin (merci Michèle)
1.5 complexe NMF
0.55 mélange d'HE 'frais et floral'
5 à 8 gouttes de macérat corsé d'achiote sur jojoba
0.5 micas or, cuivre, bronze
conservateur et acide lactique

Hélas je ne me rapppelle plus exactement ce qui composait le mélange 'frais et floral', mais il y avait pamplemousse, gingembre, géranium et... je ne sais plus. En tous cas mission accomplie, gambettes toutes guillerettes, petite robe par-ci, petite jupe par-là...

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04 novembre 2009

barre précolombienne anti-douleurs

Le défi baumes en barre lancé par Chabou sur Potions et Chaudrons a coïncidé avec la fête nationale du Pérou. Un jour, je suis tombée nez à nez avec des moules à chocolat en forme de tumis, d'inca, de céramiques anciennes, des lignes de nazca etc; j'en ai pris quelques uns en me disant que je trouverais bien quelque chose à faire avec de si jolis moules. Et ça me trottait dans la tête sans q je trouve l'idée à réaliser. Parallèlement, les posts affluaient sur Potions et Chaudrons, et même les Céphées se mettaient de la partie, je lisais tout ça, enthousiaste et émerveillée, avec un petit regret de ne pas avoir pu participer.

Chemin faisant, un beau jour j'ai eu l'idée d'allier la fête nationale péruvienne avec le défi en barre de Chabou, j'ai décidé de faire un baume en barre "précolombien", j'inclurai seulement des ingrédients auxquels les civilisations préhispaniques avaient accès en territoire péruvien. Je me ferai un défi sur-mesure et j'établirai la liste des ingrédients en puisant dans la cohérence historique. Les moules aux formes du Pérou ancien feraient office d'écrin.

IMGP1486

On atteste peu de recettes traditionnelles relatives à la beauté chez les péruviens, les anciens privilégiaient l'aspect magique ou religieux, ornemental et médicinal. J'ai donc laissé là ma chère cosmétique pour me tourner vers ma tout aussi chère médecine traditionnelle. En plus des plantes endémiques, je souhaitais utiliser les techniques dont disposaient les anciens avant Christophe Colomb. Ce serait donc un soin sans HE, les actifs seraient fournis par macération huileuse. L'idée d'un soin anti-douleurs s'est imposée après avoir brièvement répertorié quelques plantes médicinales péruviennes aux propriétés liposolubles.

Sur un plan purement olfactif, je craignais une odeur finale peu heureuse. J'ai donc volontiers "chargé" en palo santo et renforcé avec un peu de vanille. Cette dernière n'a aucune utilité pour lutter contre les douleurs articulaires, mais elle sent divinement bon en macérat huileux et elle existait dans le Pérou ancien

.IMGP1448 

J'ai commencé par faire une huile macérée ultra concentrée en principes actifs. J'ai d'abord blindé mon inca inchi en anti-oxydant puis je l'ai mise au bain-marie une demie-heure avec palo santo et vanille. J'ai filtré grossièrement et je l'ai remise une demie-heure avec une dizaine de baies roses, aji panca et aji marisol (ce dernier, moyennement fort, n'a macéré que 15mn. Le piment est en effet très antalgique mais il pourrait être agressif pour la peau). Refiltrage et re demi-heure de macération avec feuilles de ch'ri ch'ri et de coca. Et enfin encore un ptit coup de macération à chaud avec quelques batons de bois de palo santo.

J'ai filtré soigneusement, mon inca inchi si longtemps chauffée n'a pas souffert car elle était protégée par une bonne quantité d'aox-cos et elle n'est pas si fragile contrairement aux bruits qui courent. Je l'ai allongée avec 10% d'oléorésine de copaiba, j'en ai offert un peu à un collègue qui souffre au niveau des chevilles et il l'a trouvée efficace. Super, la préparation médicinale dans les règles de l'art du Pérou ancien était prête !

IMGP1686

La griffe de chat (uncaria tomentosa), non utilisable en extrait huileux, est la grande absente de ce soin anti-douleurs. Je me permets pourtant de vous la recommander chaudement, elle offre une efficacité exceptionnelle. Son action est renforcée lorsqu'elle est cuite, il suffit de la prendre en décoction ou d'en faire un extrait alcoolique réduit au bain-marie. Vous pourrez retrouver tous les végétaux utilisés pour ces barres précolombiennes anti-douleurs ici.

Sur le plan olfactif madame Coca était très présente, Madame Copaiba aussi. Avec le temps, les odeurs se sont mélangées, le palo santo et la vanille sont ressortis, rafraichis et épicés par leurs compagnons.

Pour élaborer la barre j'ai travaillé la texture, le glissé, la pénétration et la couleur à l'aide de produits péruviens. Deux petites entorses, j'ai remplacé la fécule de maranthe (que je n'ai pas) par de la fécule de riz et j'ai utilisé un ocre rouge du roussillon pour colorer mais il y a bien entendu au Pérou des terres rouges que les anciens utilisaient pour colorer leurs poteries. J'aurais aussi pû utiliser l'achiote (rocou, urucum) ou l'aguaje (buriti) mais ils ont l'inconvénient de colorer la peau. Trêve de bavardage, je vous livre la formule finale:

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60% huile d'inca inchi macérée ultra-concentré aux plantes péruviennes anti-douleur
15% cire d'abeille
10% oléorésine de copahu
6% fécule de maranthe (riz)
5% cire de carnauba
4% huile d'avocat
Ocre rouge

Chauffer, mélanger, couler en moules, laisser sécher, emballer, et... envoyer en France pour les copines qui ont malheureusement reçu un baume en bouillie au lieu d'une jolie barre grace à la délicatesse d'hippopotame des transports aériens ;(

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17 septembre 2009

muscles et articulations: les macérats huileux péruviens

L'autre jour, j'ai fait une petite recherche (non-exhaustive) sur les plantes péruviennes luttant contre l'arthrite, l'arthrose et autres douleurs musculaires, dont on peut extraire les propriétés en macérat huileux.

Afin de rester dans le péruvien les corps gras utilisables sont: maïs, inca inchi, avocat, copoaçu, aguaje (buriti), murumuru, noix d'amazonie, andiroba, copaïba (copahu), cacao, etc

Prêt(e)s à jeter un petit coup d'oeil à quelques plantes médicinales endémiques du Pérou ? De la côte à la forêt amazonienne en passant par la cordillière des Andes, on trouve:

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Aji marisol et aji panca
piments séchés, moyen et doux

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palo santo - bursera graveolens

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molle - schinus molle
baies roses

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ch'ri ch'ri - grindelia boliviana

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coca - Erythroxylum coca

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09 septembre 2009

crème visage "Ultra roses"

J'ai reçu en cadeau, d'une lointaine amie du Pacifique, une magnifique absolue de rose. Cette généreuse amie m'a fortement poussée à utiliser le précieux élixir que je ne me lassais pas d'humer. Une autre amie, parisienne et grande voyageuse, m'avait offert deux elixirs de roses, sous forme d'extraits alcoolisés. Vous voyez où je veux en venir et pourquoi j'ai appellé cette crème "Ultra Roses" ?

Pour ne pas changer, ma peau est déshydratée. Cette fois j'ai décidé de modifier un peu mes proportions, essayant une phase grasse moins importante (20%) pour avoir plus d'eau et tenter un meilleur effet hydratant. Mais j'ai aussi intégré quelques actifs: certains se dissolvent dans l'huile et d'autres en phase aqueuse. Le but soignant de cette crème: une hydratation intense et un effet apaisant anti-rougeurs (c'est une des plus intéressantes propriétés de la précieuse rose). J'ai aussi adopté le mélange émulsifiant de Copaiba Cétéaryl Glucoside 90 et alcool cétéaryllique, qui offre un toucher très agréable. Je suis décidément très gatée, car ce dernier émulsifiant m'a été offert par une douce amie du plat pays.

Au bain-marie

Phase grasse 17.5%

1.5 CG90IMGP1492

1.5 alcool cétéaryllique

1 amidon de riz (Merci Moune)

1.5 karité (merci Michèle)

3 coco fractionné

3 jojoba
3 squalane
3 inca inchi
anti-oxydant Aox-Cos

Phase aqueuse 56.5%

3 glycérine

1.5 teinture alcoolisée de rose centifolia de Grasse (merci Venezia)
1.5 teinture alcool/hydrolat de rose péruvienne (merci Venezia)

50.3 jus d’aloe

0.2 xanthane

Sous 40°

Actifs à compter dans la phase huileuse 2.5%

1 soothex (merci Moune)

1 CO2 grenade
10 gttes extrait CO2 rose musquée

Actifs à compter dans la phase aqueuse 23.5%

2 NMF

20 Jus d’aloe
0.3 retinol (vit. A)

0.5 géogard
7 gttes germall +

et au jugé, toujours comptabilisés dans les actifs phase aqueuse:

Absolue de rose (merci Catherine)

Sang de dragon jusqu'à obtention d'un rose pâle

acide lactique pour rectifier le PH

J'ai aussi fait attention à balancer les acides gras, pour essayer de les faire coller le plus possible à la composition du sébum humain (cf la crème respectueuse). Pour l'hydratation j'ai donc mis beaucoup d'aloe, du rétinol, NMF et glycérine. Pour réguler la sensibilité de la peau : les roses et l'aloe (rougeurs), soothex (extrait d'encens très anti inflammatoire), grenade et rose musquée (Omégas), sang de dragon (cicatrisant et antiseptique). La pénétration et l'aspect crème légère a été soignée par du squalane, un peu de coco fractionné, et le duo CG90/alcool cétéaryllique. Enfin, l'amidon de riz (qualité cosmétique, génétiquement modifié pour limiter la prolifération bactérienne), a la propriété d'aider à véhiculer les actifs (le coco fractionné a aussi cette propriété).

IMGP1495
La couleur de la 1ère photo est plus fidèle
mais cette photo jaunie a un petit côté rétro
qui me paraît bien aller avec la rose

J'utilise cette crème depuis une dizaine de jours maintenant et le bilan est très positif. Pénétration, odeur, couleur, texture parfaites. L'hydratation est presque parfaite (mais pas encore, je cherche je cherche, je m'en approche). Et au niveau des rougeurs diffuses c'est difficile à dire, mais en tous cas ma peau a résisté au SPM sans vilaines inflammations.

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02 septembre 2009

savon romarin-miel

J'avais des envies de savon bleu et bien-sûr, très doux pour la peau... J'ai alors concocté la recette suivante:

245g HV olive
200g HV coco
120g beurre de karité (merci Michèle)
100g huile de palme
Soude pour un surgras à 5%

30gttes CO2 de romarin
20gttes HE de romarin
1/4 de cuillère à café d'ultramarine bleu (merci Catherine)
5 cuillères à soupe de crème fraiche

Hélas la trace était trop franche quand j'ai coulé la pâte. Je me suis donc tournée vers la technique de refonte de Michèle. C'est une technique épatante de simplicité et d'efficacité qui m'a permis d'obtenir un résultat bien plus satisfaisant à l'oeil, et avec des savons à peine réalisés donc bien mous, ça a vraiment été comme sur des roulettes. En plus on adoucit encore le savon puisqu'on met du lait en poudre et du miel. Madame la soude est capricieuse, au début mes savons étaient verts et j'étais un peu désappointée. Mais après la cure ils ont acquis ce bleu léger.

IMGP1482

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06 août 2009

la première crème

En ce moment, j'ai la visite de mes cousins Antoine et Pauline, en vadrouille du nord au sud du Pérou, avec de petits arrêts chez moi à Lima. Ma cousine a été enthousiaste en découvrant mes tambouilles de sorcière et nous avons donc décidé qu'elle ferait sa première crème ici, afin que je puisse la guider dans la formulation et les gestes de base.

Pauline a regardé mon blog, puis m'a confié, un peu inquiète, que ça avait quand même l'air bien compliqué. Je l'ai donc rassurée en lui expliquant qu'on pouvait faire des crèmes très sympas avec des formules simples. Une compo faite de peu d'ingrédients afin de limiter le nombre de manipulations, difficiles au début.

Pour assurer un soin qui marche, nous nous sommes décidées pour une crème corporelle, car la peau du corps demande moins de personnalisation. Pauline a la peau plutôt sèche, mais une belle peau jeune et en bonne santé. Elle n'est pas vraiment habituée aux parfums naturels, il fallait faire simple et "facile" à sentir. Après une rapide inspection de mes placards et une brève revue des propriétés de chaque ingrédients, nous avons retenu la formule suivante.

Phase A - 20 grammes
5 émulsifiant olivem (l'émulsifiant est indispensable pour mélanger l'eau et l'huile, l'olivem est particulièrement facile d'utilisation)
4 huile d'avocat
6 huile d'inca inchi
5 huile d'abricot
+ anti-oxydant cosmétique (pour préserver les huiles "vivantes" de l'oxydation dûe à la formation d'une émulsion)

Phase B - 77 grammes
3 glycérine (pour retenir l'eau à l'intérieur de la peau)
74 eau minérale
0.2 gomme xanthane (pour stabiliser l'émulsion)

Phase C - 3 grammes (à ajouter sous 40°)
1 aloe concentré 200 fois (pour l'hydratation et la douceur)
1 conservateur géogard 221 (pour protéger des moisissures et autres pourrissement)
20 gouttes d'huile essentielle de bois de hô (pour l'odeur, le petit prix, et les propriétés réparatrices)
10 gouttes d'huile essentielle de pamplemousse (pour l'odeur, le petit prix, et les propriétés assainissantes)
8 gouttes de complexe anti inflammatoire (extraits CO2 de calendula, rose musquée, et argousier)

Le verdict de Pauline:
Une belle crème, presque laiteuse, couleur blanc légèrement cassé. Elle pénètre bien, et laisse la peau vraiment douce et nourrie, Pauline s'enduisait avant le corps de crème chaque jour, mais avec celle-ci, elle a pu espacer les séances de crémage aux deux jours car sa peau reste nourrie plus longtemps et ne "réclame" plus autant de soins.

Je mets ici la formule avec les explications simplifiées données à Pauline en espérant que cela puisse être utile à toute personne désirant se lancer dans la fabrication des cosmétiques.

Le mode opératoire est le suivant:
- stériliser et désinfecter (alcool à 70°) le matériel, le plan de travail et les mains
- A l'aide d'une blance électronique, peser la phase A dans un récipient supportant la chaleur, peser la phase B dans un autre récipient supportant aussi la chaleur
- mettre les deux récipients au bain-marie, amener à 75°
- sortir du feu, verser la phase B dans la phase A en mélangeant au mixeur à pied pendant une minute.
- attendre que le mélange descende sous 40° en remélangeant brièvement toutes les 30 secondes.
- ajouter la phase C, mélanger une dernière fois
- vite mettre en pot et attendre le refroidissement complet pour fermer le flacon

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19 juillet 2009

la chérimole

Il y a peu, au moment du dessert, je me laissais tenter par une chirimoya que je savourais avec délectation. A la fin de la dégustation, j'allais jeter les restes du fruit quand Monchéri (prononcer en un mot) me regarda d'un air mi-outré mi-fier, prit d'autorité les restes de chirimoya et m'annonça d'un air mystérieux qu'il allait me montrer un truc à mettre sur mon blog, une information à partager avec mes amies de la cosmétique naturelle. J'ai eu droit à la démonstration d'un soin de beauté à la péruvienne sur la personne de Monchéri. Sous mes yeux médusés ! Il accompagnait ses gestes de judicieuses remarques comme : tu vois là, je laisse poser sur ma peau, et puis je commence par rincer à l'eau tiède pour finir à l'eau froide, ça permet de resserrer les pores. J'en suis restée bouche bée.

IMGP1456La chérimole (Annona cherimola) est un fruit originaire des Andes, son nom vient du quechua "chirimuya" (graine du froid) car elle pousse en altitude et il paraît qu'elle "aime voir la neige". De la famille des annonaceae elle a pour cousins le corossol (aussi appelé attier), le coeur de boeuf et la pomme-cannelle. Considérée comme la plus savoureuse de la famille (selon certains son goût serait proche de l'ananas mais je lui trouve surtout une ressemblance avec la banane, en plus juteux), elle est aussi la seule à se retrouver sur les étals européens car elle a la propriété de ne pas mûrir sur l'arbre, elle se cueille verte et mûrit pendant le transport (comme les avocats). 

IMGP1459Après avoir mangé la chair (que l'on dégustera telle que, ou en sorbet, jus, salade, etc) on recueille la partie charnue se trouvant tout près de la peau. Granuleuse, elle s'utilise en gommage pour le visage mais aussi les mains ou les pieds et même l'ensemble du corps (un seul fruit suffit). Pour le visage, les peaux sensibles préfèreront des exfoliants plus doux ou se laisseront tenter en ayant les doigts très légers car j'avoue que la peau est merveilleusement lisse, éclaircie, et hydratée malgré la rugosité qui m'avait fait un peu peur.

IMGP1464

Peu d'infos sur les propriétés cosmétiques de la chérimole mais Newdirectionsaromatics aux USA propose un extrait concentré de son cousin coeur de boeuf dont il vante les vertus anti-âge, mettant en avant d'exceptionnels effets tenseurs, hydratants et régénérants. Notons d'ailleurs qu'il indique comme nom latin Annona reticulata ce qui correspond donc au coeur de boeuf, mais qu'il l'appelle pomme cannelle (Annona squamosa) et l'illustre avec une photo de chérimole ;)

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09 juillet 2009

victoria's back

Me revoici après un bien long silence, vous remerciant des gentils messages encourageants que vous m'avez fait parvenir et de votre infinie patience. J'ai précisé que l'article était en cours d'élaboration depuis longtemps mais ne vous attendez pas pour autant à une crème extraordinaire, en fait je me suis contentée d'une vieille recette. La nouveauté c'est que c'est la première fois que je refais une crème. Qu'il s'agisse d'une recette à moi ou de celles des copines, je finis toujours modifier pas mal. Cette fois-ci j'ai joué le jeu (les modifications sont vraiment minimes) car je voulais pratiquer un test.

Pour cette nouvelle crème visage j'ai eu envie d'un petit retour en arrière, retour sur une vieille recette qui m'avait tellement emballée il y a 2 ans et demi que je l'avais baptisée "Victoire" comme un cri euphorique. J'ai eu envie de la refaire presque à l'identique afin de voir si cette crème me satisfait toujours, si mes crèmes actuelles ont notablement évolué, si je suis devenue plus exigeante etc Bref envie d'un feed-back afin de déterminer si cette crème était une vraie "victoire" ou un leurre de débutante et, fidèle à mon côté studieux, une façon de tester la crème en la mettant dans une balance aux côtés du chemin parcouru et du temps. En effet il est un luxe que j'aime à m'accorder, celui de la longueur du temps, je trouve qu'il nous fait malheureusement défaut car nous sommes dans la génération kleenex, on consomme, et on jette ou on oublie.

Voici, pour rappel, la base de la recette de "Victoire"
Phase aqueuse 75%
Phase huileuse 25% composée de
steareth 21 3,8%
alcool cétyllique 3,8%
acide stéarique 2%
HV liquides: 15,4
%

J'ai respecté la façon de procéder pour les ajouts. A l'époque je ne comptais pas ma phase d'ajouts, le total de ma crème fait donc plus de 100%, c'est un peu curieux mais c'est très simple et finalement ça nedéséquilibre pas trop car ma troisième phase est toute petite.

Les modifications sont les suivantes
- le système hydratant: j'ai opté pour 2% de glycérine (au lieu des 6% d'origine), ajouté 5% d'urée, 1% de complexe skin tight et pour rectifier le PH j'ai mis quelques gouttes d'acide lactique au lieu de l'acide citrique.
- le macérat de calendula: j'ai bien conservé cet extrait mais en CO2 au lieu d'un macérat que je préfère éviter les macérats dans les crèmes visage, pour des questions d'hygiène. Aussi, j'ai remplacé l'hv de pépin de raisin utilisée en support de mon macérat par de l'huile de sésame, de meilleure qualité (extra vierge).
- l'ajout de gomme xhantane. En petite quantité, 0.2% (plus il y a d'émulsifiants, meilleure est la stabilité, surtout avec l'urée).

Les points importants à respecter
- une formule de base composée de 30% de gras maximum
- réaliser l'émulsion au mixeur plongeant

- le steareth 21 est un émulsifiant chimique très stable, avec un HLB élevé, et qui a la particularité de ne pas épaissir du tout la préparation. On pourrait peut-être le remplacer par du polysorbate?
- autant d'alcool cétéaryllique que de steareth, il donnera du gonflant et du "brillant" à l'émulsion
- environ moitié moins d'acide stéarique que d'alcool cétyllique, en l'occurrence 2%. Ne pas introduire de beurres végétaux qui modifieraient trop la texture. L'acide stéarique donnera du corps et du moelleux à l'émulsion.
- plein d'inca inchi, ou des huiles sensation sèche à forte teneur en acide gras essentiels, particulièrement émollientes et réparatrices.
- un peu d'huile d'olive, protectrice, qui participe à la qualité de la texture. 2,5%
- le mélange d'huiles essentielles composé de bois de rose, géranium bourbon et ciste, donne une odeur féminine mais racée, avec des propriétés réparatrices et doucement anti-bactériennes. Moins d'1%

La formule de Victoria's back

pour l'occasion j'ai ressorti les pots de l'époqueIMGP1420

Phase aqueuse
0.2 de gomme xhantane
2 glycérine végétale
5 urée (moune)
12 hydrolat d'hélycrise (michèle)
56 eau minérale

Phase grasse
3.75 steareth 21
3.75 alcool cétyllique
2 acide stéarique
9 huile végétale extra vierge d'inca inchi
9 huile végétale extra vierge de sésame
2.5 huile d'olive extra vierge (michèle)
Quelques gouttes d'anti-oxydant cosmétique

Les ajouts:
Phase finale pour 100g
5 gouttes de ciste
9 gouttes de bois de rose
9 gouttes de de géranium bourbon
9 gouttes de mélange anti-inflammatoire d'extraits CO2 (calendula, rose musquée, argousier)
2 grammes de fécule de riz modifiée (moune)
1 gramme de complexe skin tight (tenseur et hydratant)
1 gramme de géogard 221
quelques gouttes d'acide lactique pour un PH à 5.5

Les moins
- un film blanc à l'application, il faut masser un peu ou appliquer une petite quantité de produit
- malgré mes modifications je n'ai pas réussi à régler mon problème d'hydratation. Il y a un mieux depuis que je mélange glycérine, urée et skin tight mais finalement ni victoire ni une autre crème ne m'hydrate parfaitement

Les plus
- définitivement cette texture m'enchante, fine, gonflée, brillante, on dirait de la crème battue et une couleur qui reste blanc pâle malgré des extraits CO2 fortement colorants
- c'est brillant dans le pot mais pas sur la peau
- une crème protectrice et réparatrice, qui laisse une impression de confort mais suffisamment légère, antibactérienne et anti-inflammatoire pour bloquer l'apparition de boutons disgracieux lors des dérèglements hormonaux.

IMGP1417

Impression générale
Cette crème reste une victoire pour moi après 2 ans et demi de tambouilles acharnées, ma technique n'a donc pas évolué tant que ça. J'aime son confort et son odeur; je raffole de la texture, en fait je crois bien n'avoir jamais obtenu de texture qui me plaise autant avec d'autres systèmes émulsifiants, c'est la brillance, le crémeux et le blanc qui font ça, ce ne sont pas des critères majeurs en terme d'efficacité mais ça correspond à l'idée que je me fais d'une belle crème.

Posté par malegria à 00:12 - - Commentaires [20] - Permalien [#]