04 novembre 2009
barre précolombienne anti-douleurs
Le défi baumes en barre lancé par Chabou sur Potions et Chaudrons a coïncidé avec la fête nationale du Pérou. Un jour, je suis tombée nez à nez avec des moules à chocolat en forme de tumis, d'inca, de céramiques anciennes, des lignes de nazca etc; j'en ai pris quelques uns en me disant que je trouverais bien quelque chose à faire avec de si jolis moules. Et ça me trottait dans la tête sans q je trouve l'idée à réaliser. Parallèlement, les posts affluaient sur Potions et Chaudrons, et même les Céphées se mettaient de la partie, je lisais tout ça, enthousiaste et émerveillée, avec un petit regret de ne pas avoir pu participer.
Chemin faisant, un beau jour j'ai eu l'idée d'allier la fête nationale péruvienne avec le défi en barre de Chabou, j'ai décidé de faire un baume en barre "précolombien", j'inclurai seulement des ingrédients auxquels les civilisations préhispaniques avaient accès en territoire péruvien. Je me ferai un défi sur-mesure et j'établirai la liste des ingrédients en puisant dans la cohérence historique. Les moules aux formes du Pérou ancien feraient office d'écrin.
On atteste peu de recettes traditionnelles relatives à la beauté chez les péruviens, les anciens privilégiaient l'aspect magique ou religieux, ornemental et médicinal. J'ai donc laissé là ma chère cosmétique pour me tourner vers ma tout aussi chère médecine traditionnelle. En plus des plantes endémiques, je souhaitais utiliser les techniques dont disposaient les anciens avant Christophe Colomb. Ce serait donc un soin sans HE, les actifs seraient fournis par macération huileuse. L'idée d'un soin anti-douleurs s'est imposée après avoir brièvement répertorié quelques plantes médicinales péruviennes aux propriétés liposolubles.
Sur un plan purement olfactif, je craignais une odeur finale peu heureuse. J'ai donc volontiers "chargé" en palo santo et renforcé avec un peu de vanille. Cette dernière n'a aucune utilité pour lutter contre les douleurs articulaires, mais elle sent divinement bon en macérat huileux et elle existait dans le Pérou ancien
J'ai commencé par faire une huile macérée ultra concentrée en principes actifs. J'ai d'abord blindé mon inca inchi en anti-oxydant puis je l'ai mise au bain-marie une demie-heure avec palo santo et vanille. J'ai filtré grossièrement et je l'ai remise une demie-heure avec une dizaine de baies roses, aji panca et aji marisol (ce dernier, moyennement fort, n'a macéré que 15mn. Le piment est en effet très antalgique mais il pourrait être agressif pour la peau). Refiltrage et re demi-heure de macération avec feuilles de ch'ri ch'ri et de coca. Et enfin encore un ptit coup de macération à chaud avec quelques batons de bois de palo santo.
J'ai filtré soigneusement, mon inca inchi si longtemps chauffée n'a pas souffert car elle était protégée par une bonne quantité d'aox-cos et elle n'est pas si fragile contrairement aux bruits qui courent. Je l'ai allongée avec 10% d'oléorésine de copaiba, j'en ai offert un peu à un collègue qui souffre au niveau des chevilles et il l'a trouvée efficace. Super, la préparation médicinale dans les règles de l'art du Pérou ancien était prête !
La griffe de chat (uncaria tomentosa), non utilisable en extrait huileux, est la grande absente de ce soin anti-douleurs. Je me permets pourtant de vous la recommander chaudement, elle offre une efficacité exceptionnelle. Son action est renforcée lorsqu'elle est cuite, il suffit de la prendre en décoction ou d'en faire un extrait alcoolique réduit au bain-marie. Vous pourrez retrouver tous les végétaux utilisés pour ces barres précolombiennes anti-douleurs ici.
Sur le plan olfactif madame Coca était très présente, Madame Copaiba aussi. Avec le temps, les odeurs se sont mélangées, le palo santo et la vanille sont ressortis, rafraichis et épicés par leurs compagnons.
Pour élaborer la barre j'ai travaillé la texture, le glissé, la pénétration et la couleur à l'aide de produits péruviens. Deux petites entorses, j'ai remplacé la fécule de maranthe (que je n'ai pas) par de la fécule de riz et j'ai utilisé un ocre rouge du roussillon pour colorer mais il y a bien entendu au Pérou des terres rouges que les anciens utilisaient pour colorer leurs poteries. J'aurais aussi pû utiliser l'achiote (rocou, urucum) ou l'aguaje (buriti) mais ils ont l'inconvénient de colorer la peau. Trêve de bavardage, je vous livre la formule finale:
60% huile d'inca inchi macérée ultra-concentré aux plantes péruviennes anti-douleur
15% cire d'abeille
10% oléorésine de copahu
6% fécule de maranthe (riz)
5% cire de carnauba
4% huile d'avocat
Ocre rouge
Chauffer, mélanger, couler en moules, laisser sécher, emballer, et... envoyer en France pour les copines qui ont malheureusement reçu un baume en bouillie au lieu d'une jolie barre grace à la délicatesse d'hippopotame des transports aériens ;(
17 septembre 2009
muscles et articulations: les macérats huileux péruviens
L'autre jour, j'ai fait une petite recherche (non-exhaustive) sur les plantes péruviennes luttant contre l'arthrite, l'arthrose et autres douleurs musculaires, dont on peut extraire les propriétés en macérat huileux.
Afin de rester dans le péruvien les corps gras utilisables sont: maïs, inca inchi, avocat, copoaçu, aguaje (buriti), murumuru, noix d'amazonie, andiroba, copaïba (copahu), cacao, etc
Prêt(e)s à jeter un petit coup d'oeil à quelques plantes médicinales endémiques du Pérou ? De la côte à la forêt amazonienne en passant par la cordillière des Andes, on trouve:

Aji marisol et aji panca
piments séchés, moyen et doux

palo santo - bursera graveolens

molle - schinus molle
baies roses

ch'ri ch'ri - grindelia boliviana
19 juillet 2009
la chérimole
Il y a peu, au moment du dessert, je me laissais tenter par une chirimoya que je savourais avec délectation. A la fin de la dégustation, j'allais jeter les restes du fruit quand Monchéri (prononcer en un mot) me regarda d'un air mi-outré mi-fier, prit d'autorité les restes de chirimoya et m'annonça d'un air mystérieux qu'il allait me montrer un truc à mettre sur mon blog, une information à partager avec mes amies de la cosmétique naturelle. J'ai eu droit à la démonstration d'un soin de beauté à la péruvienne sur la personne de Monchéri. Sous mes yeux médusés ! Il accompagnait ses gestes de judicieuses remarques comme : tu vois là, je laisse poser sur ma peau, et puis je commence par rincer à l'eau tiède pour finir à l'eau froide, ça permet de resserrer les pores. J'en suis restée bouche bée.
La chérimole (Annona cherimola) est un fruit originaire des Andes, son nom vient du quechua "chirimuya" (graine du froid) car elle pousse en altitude et il paraît qu'elle "aime voir la neige". De la famille des annonaceae elle a pour cousins le corossol (aussi appelé attier), le coeur de boeuf et la pomme-cannelle. Considérée comme la plus savoureuse de la famille (selon certains son goût serait proche de l'ananas mais je lui trouve surtout une ressemblance avec la banane, en plus juteux), elle est aussi la seule à se retrouver sur les étals européens car elle a la propriété de ne pas mûrir sur l'arbre, elle se cueille verte et mûrit pendant le transport (comme les avocats).
Après avoir mangé la chair (que l'on dégustera telle que, ou en sorbet, jus, salade, etc) on recueille la partie charnue se trouvant tout près de la peau. Granuleuse, elle s'utilise en gommage pour le visage mais aussi les mains ou les pieds et même l'ensemble du corps (un seul fruit suffit). Pour le visage, les peaux sensibles préfèreront des exfoliants plus doux ou se laisseront tenter en ayant les doigts très légers car j'avoue que la peau est merveilleusement lisse, éclaircie, et hydratée malgré la rugosité qui m'avait fait un peu peur.
Peu d'infos sur les propriétés cosmétiques de la chérimole mais Newdirectionsaromatics aux USA propose un extrait concentré de son cousin coeur de boeuf dont il vante les vertus anti-âge, mettant en avant d'exceptionnels effets tenseurs, hydratants et régénérants. Notons d'ailleurs qu'il indique comme nom latin Annona reticulata ce qui correspond donc au coeur de boeuf, mais qu'il l'appelle pomme cannelle (Annona squamosa) et l'illustre avec une photo de chérimole ;)
06 janvier 2009
Hier et aujourd'hui: les plantes médicinales
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Edit: Hier, lundi 13 janvier 2009, l'auteur du livre que je vous présente dans cet article, est décédé à Lima à l'âge de 89 ans. Je ne racontais pas toute sa biographie ici, mais en résumé cette nouvelle m'attriste car c'est une grande perte pour la médecine conventionnelle au Pérou ainsi que pour la mise en valeur, la connaissance et la diffusion des plantes médicinales péruviennes.
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" L'amour illicite d'un neurochirurgien avec la botanique et la pharmacologie, dans un pays de mages, de sorciers, d'enchanteurs, de guérisseurs, de chamanes, et de savants de cocktail. Un amour illicite caché dans un pays écartelé par la traction torturante de quatre forces gravement déficientes: la science, la tradition, la politique, et l'ignorance. Les quatre chevaux sauvages qui ont écartelé Tupak Amaru*. "
* Tupak Amaru est un symbole de la révolte indigène, il fut condamné à mort par écartèlement et ses membres décapités furent envoyés aux quatre coins du Pérou pour servir la propagande espagnole et mater toute envie de rébellion.
J'ai été gatée pour Noël, j'ai reçu un livre très intéressant intitulé Ayer y Hoy: las plantas medicinales (Hier et aujourd'hui, les plantes médicinales). Ecrit dans une optique clairement vulgarisatrice, le style est particulièrement humoristique, souvent ironique, et tellement vulgarisateur que c'en est parfois agaçant. Mais c'est une vraie mine d'infos sérieuses.
L'auteur, Fernando Cabieses, est un neurochirurgien de pointe, professeur d'université au Pérou et aux USA, fondateur d'une école de neurochirurgie reconnue comme pionnière dans sa spécialité en Amérique Latine etc. Il a présenté une thèse universitaire sur un thème de grande importance pour le Pérou et les traditions andines, pulvérisant l'amalgame coca-cocaïne qui sévissait alors, puisque sa thèse a prouvé que la consommation de coca sous forme traditionnelle n'induit aucune narcodépendance, qu'elle n'est pas dommageable pour la santé, et qu'elle favorise le travail à haute altitude.
A partir de 1953 il se concentre sur l'étude de l'histoire de la médecine au Pérou, publiant des ouvrages sur les maladies et les plantes utilisées au Pérou avant l'arrivée des espagnols, étudiant la relation des plantes médicinales péruviennes avec le religieux, prouvant et étudiant la chirurgie des trépanations craniennes pratiquée par les incas, etc. Il a fondé l'Institut de Médecine Traditionnelle qui facilite l'articulation entre la médecine officielle et la médecine traditionnelle, améliore les soins dans les zones rurales les plus reculées, promeut l'identification et l'étude des plantes médicinales industrialisables et exportables. Grand militant contre la déshumanisation et l'excessive tecnicité de la médecine, il a aussi fondé un programme de pratiques hospitalières supervisées au travers d'une coopération avec l'enseignement universitaire de la nouvelle médecine.
Mais revenons-en à nos moutons notre livre sur les plantes médicinales d'hier et d'aujourd'hui au Pérou. Après un petit prologue, s'ouvre une partie théorique sur la législation des plantes médicinales, qui met en lumière le peu d'intéret que porte le gouvernement péruvien à la biodiversité extraordinaire de ce pays. Cet intéret déficient est comparé aux autres pays ou continents et mis en valeur par les nombreuses (et vaines) sollicitations extérieures. Cette partie explique aussi le phénomène de la biopiraterie.
Vient ensuite une autre partie théorique, éponyme, qui dresse un rapide tableau de l'histoire de la médecine, débutant en Mésopotamie, passant par l'Antiquité greco-romaine, puis la médecine monastique, la médecine chinoise et indienne, pour arriver à la légende inca de la création de la faune et de la flore. Elle termine sa route avec le grand chambardement de la colonisation, pour finir sur une note d'échange botanique entre l'Espagne (et plus généralement l'Europe) et le Pérou, botaniques et médecines s'enrichissant grandement l'une et l'autre.
Nous arrivons alors au coeur du sujet: l'étude des remèdes maison pour les maux les plus courants. Le livre est divisé en 7 zones d'affections : l'appareil digestif, l'appareil cardiovasculaire, l'appareil respiratoire, l'appareil urogénital, les maladies émotionnelles, la peau, les rhuma. Chaque partie est divisée en sous-partie présentant les divers maladies associées. Il s'agit là de donner au plus grand nombre une alternative à la médecine conventionnelle. J'apprécie particulièrement la variété des remèdes proposés pour une même affection, ainsi que les mises en gardes, allant parfois à l'encontre de la croyance populaire péruvienne qui, comme souligné dans l'ouvrage, est parfois très ignorante. Cette partie traite des plantes que l'on trouve au Pérou, elle mélange les plantes endémiques avec des plantes venues d'Europe ou d'ailleurs, l'important étant qu'elles poussent ou sont facilement trouvables au Pérou.
La dernière partie concerne la validation scientifique des plantes médicinales, en étudiant de plus près deux plantes endémiques : la quinine (cinchona sp) et la griffe de chat (uncaria tomentosa). L'histoire de la quinine passe par son usage contre le paludisme et la malaria, raconte ses rejets, la révolution médicale engendrée par la reconnaissance scientifique de cette plante, et raconte enfin comment cette plante a pratiquement disparu du sol péruvien sans que personne se préoccupe de la replanter. La griffe de chat est présentée comme une plante prometteuse pour le soin du cancer (du poumon notamment) tout en expliquant bien les limites de ces promesses et la somme de recherches scientifiques qu'il reste à effectuer avant de pouvoir en tirer des conclusions définitives. Néanmoins, l'action hautement anti-inflammatoire de la griffe de chat est tout à fait établie.
Pardon pour l'austérité de cet article. J'essaierai de traduire un passage du livre pour vous donner une idée plus précise de ce qu'on y trouve.
Crédit images: tupak amaru , fernando cabieses ,
28 janvier 2008
Plantes du Pérou : hier et aujourd'hui
" L'amour illicite d'un neurochirurgien avec la botanique et la pharmacologie, dans un pays de mages, de sorciers, d'enchanteurs, de guérisseurs, de chamanes, et de savants de cocktail. Un amour illicite caché dans un pays écartelé par la traction torturante de quatre forces gravement déficientes: la science, la tradition, la politique, et l'ignorance. Les quatre chevaux sauvages de Tupak Amaru*. "
* Tupak Amaru est un symbole de la révolte indigène, il fut condamné à la mort par écartèlement et ses membres décapités furent envoyés aux quatre coins du Pérou pour servir la propagande espagnole et mater toute envie de rébellion.
J'ai été gatée pour Noël, j'ai reçu un livre très intéressant intitulé Ayer y Hoy: las plantas medicinales (Hier et aujourd'hui, les plantes médicinales). L'auteur, Fernando Cabieses, est un neurochirurgien de pointe, professeur d'université au Pérou et aux USA, fondateur d'une école de neurochirurgie reconnue comme pionnière dans sa spécialité en Amérique Latine etc. Parallèllement, il a beaucoup étudié les plantes médicinales, il est le premier à avoir effectué des recherches scientifiques sur les raisons qui motivent les peuples andins à utiliser la coca, il a étudié les maladies et les plantes utilisées au Pérou avant l'arrivée des espagnols, étudié leur relation au mystique, etc. Ayer y Hoy : la plantas médicinales est écrit dans une optique clairement vulgarisatrice, le style est particulièrement humoristique, souvent ironique, et tellement vulgarisateur que c'en est parfois agaçant. Mais c'est une vraie mine d'infos sérieuses.
Après un petit prologue, s'ouvre une partie théorique sur la législation des plantes médicinales, qui met en lumière le peu d'intéret que porte le gouvernement péruvien à la biodiversité extraordinaire de ce pays. Cet intéret déficient est comparé aux autres pays ou continents et mis en valeur par les nombreuses (et vaines) sollicitations extérieures. Cette partie explique aussi le phénomène de la biopiraterie.
Vient ensuite une autre partie théorique, éponyme, qui dresse un rapide tableau de l'histoire de la médecine, débutant en Mésopotamie, passant par l'Antiquité greco-romaine, puis la médecine monastique, la médecine chinoise et indienne, pour arriver à la légende inca de la création de la faune et de la flore. Elle termine sa route avec le grand chambardement de la colonisation, pour finir sur une note d'échange botanique entre l'Espagne (et plus généralement l'Europe) et le Pérou, botaniques et médecines s'enrichissant grandement l'une et l'autre.
Nous arrivons alors au coeur du sujet: l'étude des remèdes maison pour les maux les plus courants. Le livre est divisé en 7 zones d'affections : l'appareil digestif, l'appareil cardiovasculaire, l'appareil respiratoire, l'appareil urogénital, les maladies émotionnelles, la peau, les rhuma. Chaque partie est divisée en sous-partie présentant les divers maladies associées. Il s'agit là de donner au plus grand nombre une alternative à la médecine conventionnelle. J'apprécie particulièrement la variété des remèdes proposés pour une même affection, ainsi que les mises en gardes, allant parfois à l'encontre de la croyance populaire péruvienne qui, comme souligné dans l'ouvrage, est parfois très ignorante. Cette partie traite des plantes que l'on trouve au Pérou, elle mélange les plantes endémiques avec des plantes venues d'Europe ou d'ailleurs, l'important étant qu'elles poussent ou sont facilement trouvables au Pérou.
J'essaierai de vous traduire un passage du livre pour vous donner une idée de ce qu'on y trouve.
07 décembre 2007
l'aguaje
J'ai ramené de mon séjour à Iquitos une belle huile d'aguaje, toute rouge. Lors de mon séjour en France je l'ai distribuée à quelques gentilles sorcières et je vous fais aujourd'hui un retour sur ses caractéristiques et propriétés.

Famille: Arecaceae
Sous-famille: Lepidocaryeae
Genre: Mauritia
Espèce: flexuosa
Nom latin: Mauritia flexuosa L.F
Sinonymes: Mauritia flexuosa var. Venezuelana Steyerm, Mauritia sphaerocarpa Burret, Mauritia vinifera Mart
Noms vernaculaires:
Guyane française: palmier bache
Pérou: aguaje
Colombie: canangucha
Equateur: Monete, acho
Brésil: muriti, mirity, burity, carana, buriti del brujo
Bolivie: palma real
Venezuela: moriche
Surinam: ité, morisie
Histoire et usages divers
D'après Uhl & Dransfield (1987) il existe 200 genres et 2000 espèces de palmiers dont 837 espèces en 81 genres se trouvent en Amérique du Sud. En Amazonie 34 genres de 151 espèces, dont 8 genres sont endémiques.
Dans l'Amazonie péruvienne l'aguaje est le plus important palmier sur les plans économique et social, il occupe une superficie totale de 6 à 8 millions d'hectares. L'aguaje fut le premier palmier amazonien décrit. En 1852 Alexander Von Humbolt l'appella "arbre de vie" (storti, 1993), car les peuples amazoniens l'utilisent sous toutes ses formes. En effet l'aguaje est utilisé en totalité.
La racine, en infusion, est versée sur la tête en rinçage pour stimuler la croissance du cheveu. Le bois est utilisé dans la fabrication de canoés, les larves (suri, coleoptéro rynchophorus) qui le rongent une fois l'arbre abattu sont consommées grillées, la sève et les bourgeons servent à produire du vin de palme, les feuilles font un substitut de café et des fibres pour la fabrication de tissus. La pulpe du fruit se consomme directement ou sous forme de boisson rafrachissante appellée "aguajina". On élabore aussi crèmes, glaces, et conserves à partir du fruit.
Le noyau (très dur) contient environ 4,9% d'huile, et la pulpe contient 8 à 10% d'huile. Extraite à partir de la pulpe, cette huile à faible rendement nécessite une tonne de fruits pour produire 16 à 18,5kg d'huile végétale.
Données pratiques sur l'huile d'aguaje (extraite de la pulpe):
point de fusion: 25°
point de solidification: 17°
indice de saponification: 245
indice d'iode: 25
Composition de l'huile d'aguaje (extraite de la pulpe du fruit mûr):
Acide palmitique: 18%
Acide palmitoliéique: 0.10%
Acide stéarique: 0.20%
Acide oléique: 78.30% (oméga 9)
Acide linoléique: 2.70%
Acide linolénique: 0.70%
=> l'huile extraite du fruit vert contient de l'acide laurique (comme l'hv de coco)
=> l'huile d'amande douce ou l'huile d'avocat contiennent aussi beaucoup d'acide oléique (65 à 70%) mais leurs autres composants diffèrent de l'huile d'aguaje en genre et en proportion.
Stéroles: 240mg/100
Vitamine A ui/100g: 500.00
=> l'huile d'aguaje contient 21 à 38 fois plus de vitamine A que la carotte
=> l'huile d'aguaje contient 25 à 31 fois plus de vitamine E que l'avocat
=> la pulpe d'aguaje égale l'orange ou le citron pour sa teneur en vitamine C
Propriétés cosmétiques de l'huile d'aguaje:
- Protection solaire: L'Universidad do Parà (Brésil) estime que l'huile d'aguaje est la meilleure huile solaire, car elle absorbe complètement les irradiations des ultraviolets, elle est donc commercialisée en tant que protecteur solaire dans ce pays (ainsi qu'en savons).
- Anti-âge: elle agit comme antioxydant en neutralisant les radicaux libres responsables du vieillissement et participe à l'entretient de la peau, prévenant l'assèchement et le vieillissement prématuré. Les oméga 9 (près de 80% de l'huile) préservent la jeunesse et l'élasticité de la peau.
Mise en garde:
L'aguaje a une activité hormon-like.
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Sources et bibliographie:
Bibliothèque de l'IIAP - Instituto de Investigacion de la Amazonia Peruana - Iquitos
Revue: Bosques Amazonicos - janvier/février 2003
23 juin 2007
Le copaiba - oléorésine
Nom français: copaiba - copahu - baume d'amazonie - baume de bolivie - baume de copaiba - baume de copahu
Nom espagnol: copaiba - arbol de aceite - palo de aceite - balsamo de copaiba
Nom latin: Copaifera officinalis L., Copaifera guyanensis Desf., Copaifera coriacea Mart., Copaifera Langsdorffii Desf., Copaifera confertiflora Benth., Copaifera oblongifolia Mart., Copaifera rigida Benth., Copaiba paupera
Partie utilisée: résine
Culture et commerce:
Les copayers se trouvent principalement dans les forêts humides du Brésil, de Colombie, du Pérou et du Venezuela. C’est un grand arbre d'une hauteur comprise entre 25 et 40 mètres aux branches courtes, et à l’écorce sombre et rugueuse. Les feuilles sont alternées par rameaux de deux à huit feuilles aux courtes tiges.
Le bois est utilisé pour la construction civile et navale. On extrait l'huile de copaiba du centre de l’arbre, c'est en fait une oléorésine. On peut extraire l’huile en pratiquant des entailles sur le tronc et en laissant s'écouler la résine mais cette méthode rend l'arbre improductif pendant plusieurs années. L'autre méthode, plus respectueuse de l'arbre, consiste à forer le tronc et elle permet de récolter la résine à nouveau entre 6 mois et un an après.
Certaines oléorésines naturelles subissent un triple filtrage avant leur commercialisation, afin d'éliminer tous débris cellulosiques. L'exportation de l'huile de copaiba se fait surtout en direction de l'Europe et des Etats-Unis.
Description:
Elle se présente comme une huile transparente un peu visqueuse, de couleur légèrement ambrée parfois tirant sur le chatain clair, avec une odeur boisée âcre et pénétrante, une saveur amère et persistante.
Composition:
L'huile essentielle représente 30 à 60% de l'oléorésine, suivant les espèces botaniques.
En ce qui concerne l'oléorésine, la composition peut elle aussi varier d'une espèce à l'autre. En général on s'accorde à y trouver une grande présence de sequisterpènes (jusque 80% de la résine) composée de caryophyllène à 50%, alpha-copaène à 15%, bergamotène, cubébène, élémène, etc
Les principes actifs sont attribués aux sesquiterpenes et diterpenes. Les caryophyllene et calamenene (sesquiterpenes) sont connus pour leur action anti-inflammatoire, ainsi que l'acide copaibique et paracopaibic, l'acide copalique, copaiferique et copaiferolique.
Propriétés:
Antiseptique, anti-inflammatoire, cicatrisant, antifongique, antibactérien, astringent, active la circulation, régule le fonctionnement de l'appareil digestif, stimulant, énergisant
Usages médicinaux:
Très bon anti-douleur en cas d'arthrite, arthrose et rhumatismes ainsi que les tendinites, foulures et entorses légères, bronchites, dysentherie, maladie vénérienne, maladie respiratoire.
Usages médicinaux traditionnels, mélangé à du sang de dragon (croton lechleri):
Herpès zoster, infection vaginale, diarrhée, choléra, hémorragies, ulcères à l'estomac
cf recettes ici
Usages cosmétiques ou dermatologiques:
Acné, rides, cicatrisation, déséquilibres et affections diverses de la peau, psoriasis, cors et durillons, hématomes, coups de soleil et irritations cutanée.
Produits cosmétiques commercialisés contenant du copaiba:
anti-rides, après-rasage ou post-dépilatoire, acné, savons, shampooings
Bon à savoir:
Jusqu'à présent je l'ai utilisée avec bonheur dans une crème pour les pieds luttant contre les durillons, dans une crème pour peau mixte et dans un baume cicatrisant, à chaque fois j'ai utilisé l'oéorésine diluée dans d'autres HV. J'ai à ma disposition le copaiba officinalis et le copaiba paupera.
Vous trouverez l'oléorésine en France chez nature et découverte, les distributeurs de produits guayapil, sur codina-net, chez forest people, et en angleterre un actif d'aromantic. Elle est assez chère, même au Pérou, quoique bien-sûr moins chère ici qu'en France.
Vous trouverez l'HE assez facilement chez de nombreux fournisseurs, avec des indications plus précises sur les propriétés de l'HE car je me suis surtout attachée à décrire l'oléorésine. Mais vu la forte concentration de celle-ci en HE on peut penser que les descriptions se recoupent.
Effets indésirables et contre-indications:
Ne pas employer chez les femmes enceintes et allaitantes
Utiliser un court laps de temps en interne, à raison de quelques gouttes par ingestion, le contraire provoquerait des nausées.
Diluer dans une huile végétale pour les peaux sensibles ou si vous voulez couvrir de grandes zones de peau.
Webographie:
http://www.henriettesherbal.com/eclectic/kings/copaiba.html
http://www.codina.net/huile_copaiba.shtml
http://www.peruecologico.com.pe/flora_medic_gal_02.htm
http://www.naturemania.com/produits/copaiba.html
http://www.santanatura.com.pe/
http://www.commercequitable.com/produit.asp?ID=311112
http://www.andira.org/copaiba.html
http://www.alterafrica.com/PBSCCatalog.asp?ItmID=588734
http://www.copaiba-oleo.com/huile_copaiba.shtml
http://www.bresil-capoeira.com/cosm%C3%83%C2%A9tique-c-36.html
http://www.codina.net/Fiche_36_antirides.shtml
http://www.aromantic.co.uk/Anti-Acne-Active-Formula.htm
Photos
www.plantpicture.de
http://www.pcarp.usp.br/acsi/anterior/856/
28 janvier 2007
La cantuta: fleur de l'inca et fleur nationale du Pérou
Nom espagnol: cantuta
Nom quechua: ccantu, khantuta
Nom français: cantuta
Nom latin: cantua buxifolia
Famille botanique : polémoniacée
La cantuta était la fleur sacrée des incas , d'où son surnom de fleur de l'inca, probablement parce qu'elle fleurit toute l'année. Elle est aujourd'hui la fleur nationale du Pérou et, selon certaines sources (info non vérifiée), de la Bolivie. C'est un arbuste de 1 à 3 mètres de hauteur dont les fleurs caractéristiques en forme de cloche mesurent 5 à 6 cm. Les fleurs sont principalement de couleur rouge ou jaune, mais on obtient lusqu'à 12 couleurs (orange, rose, bicolore etc) par le biais de croisement.
Civilisation:
Les incas l'utilisait dans les cérémonies officielles où elle était dédiée au dieu soleil. Par exemple elle ornait les chemins où passait l'inca ainsi que la poitrine des jeunes lors de la cérémonie qui les transformait en adultes. Les péruviens l'utilisent aujourd'hui lors des enterrements car une croyance veut qu'elle étanche la soif du mort. Elle s'utilise aussi lors des processions religieuses. Dans certains villages des Andes les femmes ornent leur chapeau de fleurs de cantuta pour signifier qu'elles sont célibataires. On l'accroche aux portes ou l'on en fait des colliers en signe d'hospitalité.
Usages:
Teinture: on obtient une couleur jaune très utilisée dans les tissus traditionnels quechuas
Ornemental: grace à ses fleurs qui sont très appréciées.
Fibre: les fines branches sont utilisées pour fabriquer des paniers de grande qualité et son bois sert pour faire des batons.
Médicinal:l'infusion des branches et/ou des fleurs est un bon remède contre la diarrée, l'inflammation des yeux (conjontivite?), la toux, et l'ictère.
Conservateur: On suppose que les incas fabriquaient son huile essentielle pour aider à la conservation de l'eau.
Parfum:
Certains sites mentionnent que cette fleur n'a pas d'odeur ce qui m'étonne beaucoup car j'ai trouvé de la cantuta séchée sur un marché et son odeur est à la fois puissante et délicate, fleurie, épicée et boisée. J'adore la faire macérer dans des parfums maison bien qu'il faut avoir la main légère en cantuta car son odeur prend vite le pas sur celle du reste.
http://www.peruecologico.com.pe/flo_cantuta_1.htm
http://www.elcomercioperu.com.pe/Turismo/Html/2005-10-03/TurismoNoticias0379618.html
http://escolares-pe.blogspot.com/2006/10/recursos-naturales-colorantes.html
15 octobre 2006
le marché bio
Tous les samedis, de 8h à 14h30, se tient un marché bio au "parque reducto" du quartier de Miraflores. J'y suis allée aujourd'hui pour la première fois et je compte bien y retourner! C'est un petit marché avec une vingtaine de stands, des fruits et légumes, fleurs séchées, encens naturels, nourriture préparée bio, des huiles, des céréales, de l'artisanat (tissus, bois sculpté), miel, bougies en cire d'abeille, quelques HE et même un stand de produits Weleda (!!).
En encens il y a plusieurs sortes d'herbes séchées (par exemple de l'eucalyptus), du palo santo (bursera graveolens), de la myrre, du copal. Les fleurs séchées sont délicieusement odorantes!!! Je suis tombée amoureuse de la mauve et la rose péruvienne. Ils ont quelques HE comme le faux poivrier, la lavande ou le cèdre. Bien que je n'ai pas vu de certification écrite de leur qualité j'ai tendance à faire confiance car les stands de ce marché bio sont controlés par la police afin d'apporter sécurité et qualité au consommateur. Les HV m'ont bien plues aussi, de la noix de pécan, de l'olive, du sésame, et bien-sûr de l'inca inchi. Ils ont des sels d'epsom, des plantes médicinales en vrac, des yaourts, des fromages, impossible de tout lister.
Leurs stands de nourriture préparée bio m'ont drôlement plu! J'ai craqué pour un délicieux fallafel végétarien plein de saveur et décoré par une fleur comestible. Ils avaient aussi une mousse de fraise à la farine de quinoa qui me faisait de l'oeil mais ce sera pour une autre fois.
Il parait qu'il y a encore un marché bio dans le "parque Mora" de San Isidro. Vivement mon retour de France pour que je puisse vous montrer des photos de tout ça avec mon appareil photo numérique. Un autre truc à découvrir, j'ai pioché l'adresse d'un institut de beauté bio aux soins naturels. Faut aussi que j'aille voir ça!
Bizz'
28 août 2006
sang de dragon
Nom français: sang de dragonnier, sang de dragonnet, sang de dragon, sang de draco
Nom espagnol ou péruvien: sangre de drago, sangre de grado
Nom anglais: dragon's blood
Nom latin: croton lechleri
Famille: Euphorbiacées
Il faut toujours bien se réferer au nom latin car les noms vulgaires "sang de dragon, dragonnet, dragonnier, draco" s'appliquent à de nombreuses résines. Par exemple le Calamus draco ou Calamus Rotang venu d'Inde est extrait du rotin, le Dracaena cinnabari qui vient du Yemen était utilisé en pigment et en ophtalmologie. Toutes ces résines ont un aspect similaire et des propriétés communes. Mais nous traiterons ici du croton lechleri, que l'on trouve en Amérique Centrale, Amérique du Sud ou en Afrique et qui pousse majoritairement au Pérou.
Composition:
Principaux composants cicatrisants: alcaloide taspin (astrigeant), polyphénols
Principaux composants antiviraux: Contient le principe SP-303, une proantocianidine oligomérique d'action antivirale
Dans la résine alcoolique: draconine, dracoresinotaliol, dracorsene, dracoalbane, acides benzoiques, paraoxibenzoique, benzoilacétique, cinámique y protocatéquique. Dans la fraction acide de la résine: l'acide abiétique. On a aussi trouvé des pigments antocianidiques connus comme la dracocarmine (majoritaire) et la dracorubine.
Usages:
Cicatrisant interne en cas d'ulères gastro-intestinaux et d'hémorragies internes
Cicatrisant externe: brûlures, hemorroides, inflammation ou ulcération des amygdales (en gargarisme), inflammation ou ulcération du col de l'utérus.
Antiseptique
Quelques recettes, d'usage traditionnel:
Cicatrices: Laver la plaie et appliquer 2 à 4 gouttes
Pour stopper les hémorragies et les ulcères à l'estomac: mélanger à parts égales de l'huile de copaiba (résine pure, pas l'HE), avec de l'extrait de griffe de chat et du sang de dragon. Prendre 5 a 7 gouttes chaque jour.
Antidiarréique et contre le choléra: mélanger avec de l'huile de copaiba, boire 5 à 7 gouttes par jour.
Herpes Zoster: mélanger à de l'huile de copaiba, boire 5 à 8 gouttes par jour et appliquer la solution par voie externe.
Infection vaginale: mélanger 10 gouttes de sang de dragon, 10 gouttes de résine de copaiba et 60ml de griffe de chat dans un litre d'eau tiède, puis procéder aux lavements vaginaux ou application locale.
Précautions d'emploi:
Ne convient pas aux femmes enceintes ou allaitant, ne convient pas aux jeunes enfants. Toxique à fortes doses.
Sources:
http://www.prodiversitas.bioetica.org/dragos.htm
http://www.alimentacion-sana.com.ar/informaciones/novedades/drago.htm
http://www.takiwasi.com/esp/prodesp02.php
Bibliothèque personnelle: Propiedades curativas de las diversas plantas y hierbas








